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Agriculture: la tomate en conserve, chasse gardée de l’importation au Cameroun

Depuis la fermeture de la Société des conserveries alimentaires du Noun, le Cameroun est dépendant de l’importation. Pourtant le pays dispose d’un potentiel de production de tomate qui n’est pas exploité.

Collecte de déchets plastiques: entre désir de conformité et obstacles au processus

Plusieurs acteurs de la gestion des déchets au Cameroun ont encore du mal à s’acquitter du permis environnemental de plus de 10 millions de FCFA exigé par le gouvernement pour exercer cette activité.

Découverte: trois étudiants inventent la machine à éplucher les pommes

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Hydrocarbures : Les vraies raisons de l’augmentation des prix au Cameroun

La production de la Sonara est devenue insuffisante pour satisfaire la demande nationale, et l’entreprise ne dispose plus d’une trésorerie solide.

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8 oct. 2014

Thierry Tené: « La faiblesse des Pme africaines est dû à l’abandon de la RSE »

Le Co-fondateur de l'Institut Afrique RSE donne l’importance de l’application de ces principes dans pour les entreprises.
Thierry Téné
Qu'est ce qui peut expliquer que la notion de la responsabilité sociétale des entreprises (Rse) soit de plus en plus utilisée aujourd'hui?
Plusieurs raisons peuvent expliquer l’émergence de la RSE. La première est la mondialisation. En effet, dans une économie globalisée et fortement concurrentielle, il faut se distinguer avec d’autres critères que le prix. La RSE permet de mettre en exergue des valeurs éthiques, citoyennes et humanistes. L’autre raison est la forte attente des consommateurs sur les engagements sociaux et environnementaux des entreprises. Les actionnaires aussi poussent les sociétés dans lesquels ils investissent à mettre en œuvre les stratégies RSE pour anticiper d’éventuels risques. En Afrique, la classe moyenne est de plus en plus regardante des engagements sociaux et environnementaux des entreprises. Les pays occidentaux et émergents à travers les mécanismes comme les Principes Directeurs de l’OCDE à destination des multinationales poussent leurs entreprises transnationales à intégrer la RSE y compris dans leurs filiales à l’étranger. Les bailleurs de fonds sont également dans cette dynamique. C’est la convergence de tous ces facteurs qui expliquent ce mouvement de fond car la RSE est devenu un outil de compétitivité.
Qu'est ce que l'entreprise gagne en mettant en œuvre la RSE?
D’un point de vue environnemental, il y a un couplage fondamental entre l’environnement et la performance économique de l’entreprise. En effet, au cours du process l’entreprise utilise la matière première qui est transformée grâce à l’énergie pour obtenir des produits finis ou semis finis. Au cours du cycle industriel, il y a la production des déchets. Si dans une stratégie environnementale ambitieuse, l’industrie internalise, ces externalités externes, elle va obtenir des gains économiques. Ceci grâce à l’efficacité énergétique et à l’optimisation du process car il rejette moins de déchet.. On pourrait faire la même démonstration avec le social. Une entreprise qui propose de meilleures conditions de travail aux salariés, est soucieuse de leur cadre de vie et de tous les problèmes de ces derniers, vas y gagner. Les employés auront le sentiment de recevabilité et seront de ce fait plus productifs. C’est aussi le cas pour le partage des richesses aussi bien avec les salariés qu’avec les communautés locales. Une entreprise ne peut pas être un îlot de richesse dans un océan de pauvreté. Cette situation ne peut pas tenir à moyen terme et va se retourner contre elle.
La mise en place de la RSE demande sans doute la mobilisation des coûts financiers, est-ce que toutes les entreprises, particulièrement les PME sont capables d'implémenter la RSE ?
Avant de parler des coûts de la RSE, parlons du coût de la non RSE. Quand une entreprise pollue un site industriel ou un cours d’eau, il ne faut pas se faire d’illusion, quelque soit le temps que cela va prendre, il faudra bien un jour dépolluer le site. Plus le délai est long plus la facture sera élevée. Quand il n’y a plus de poissons à certains endroits du Wouri à cause de la pollution industrielle, à combien on évalue les conséquences économiques, sociales, environnementales et même culturelles ? Les PME africaines ne sont pas performantes parce qu’elles délaissent la RSE. Vous savez la perte financière que coûte un accident de travail à une PME ? Or un bon Système de Management Sécurité, Qualité et Environnement aurait permis d’anticiper. De plus elles sont très nombreuses ces PME camerounaises et africaines qui n’accèdent pas à certains marchés parce qu’elles n’ont pas de reporting RSE.
Quels sont les problèmes essentiels qui peuvent être liés à la mise en œuvre de la RSE?
L’année dernière, en prélude de la première édition du forum international des pionniers de la RSE en Afrique que le Groupement Inter-Patronal du Cameroun (GICAM) et l’Institut Afrique RSE ont organisé à Douala, nous avons justement réalisé une enquête sur les contraintes de l’implémentation de la RSE en Afrique. Il y a trois raisons principales : l’absence de politiques publiques sur la RSE, le manque de compétences et de ressources humaines et enfin l’absence de reconnaissance et de valorisation des entreprises exemplaires.
Dans quelle mesure l'Etat peut-il imposer la RSE aux entreprises?
Je ne reprendrai pas le mot « imposer ». Les Etats africains doivent concevoir les politiques publiques de RSE dans une logique Win-Win. En effet, les gouvernements africains n’ont ni les moyens financiers ni humains pour contrôler l’application de la loi dans toutes les entreprises. Dans le même temps, les entreprises jouent parfois le rôle de l’Etat en réalisant des projets dans les domaines régaliens comme la santé et l’éducation. Nous militons donc pour un partenariat public privé avec pour dénominateur commun la RSE. Ce qui permet à l’Etat de répondre aux besoins des populations et aux entreprises qui mettent en place des initiatives sociales, environnementales et économiques remarquables d’être reconnues. L’Etat peut aussi utiliser le levier de la commande public pour exiger la prise en compte de la RSE dans les appels d’offres. Tout ceci nécessite la formation des cadres et un important travail en amont.
Propos recueillis par Christelle Kouétcha


RSE: Le dilemme de la conciliation croissance et environnement

La prise en compte des préoccupations environnementales sont plutôt bénéfiques pour les entreprises.
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Concilier la croissance de l’entreprise et les préoccupations environnementales, n’est pas la chose la mieux partagée dans plusieurs entreprises au Cameroun. En effet, la responsabilité environnementale qui exige de l’entreprise de respecter la réglementation environnementale en vigueur, n’est « malheureusement », pas encore « ancrée dans les mœurs des entreprises au Cameroun », fait observer Thierry Tené, Co-fondateur de l'Institut Afrique RSE. Aujourd’hui, au Cameroun les démarches semblent être « lentes », on observe encore dans les métropoles des sites industriels orchestrant des grandes pollutions. En avril dernier le Ministère Camerounais de l’Environnement de la Protection de la Nature et du Développement Durable avait publié une liste de 139 installations qui étaient en infraction par rapport à certaines dispositions de la loi N°96/12 du 5 août 1996 portant sur la loi-cadre relative à la gestion de l’environnement. Une bonne chose sur le principe. Mais « quand on regarde les montants des dites sanctions, qui sont insignifiantes par rapport aux dégâts écologiques, on se dit qu’il y a un gros problème avec la loi environnementale au Cameroun », fait observer Thiery Téné. Ainsi, polluer revient moins cher que de respecter l’environnement en faisant des investissements plus élevés.
La responsabilité environnementale de l’entreprise, sollicite donc la mise en place d’une une stratégie environnementale ambitieuse, qui permettrons de réduire les impacts des activités de l’entreprise sur l’environnement. Selon les experts, l'intégration de l'environnement au sein de l'entreprise peut se faire de façon progressive Dans un premier temps, l'entreprise peut mettre en place de bonnes pratiques pour réduire son impact sur l'environnement. Si l'entreprise souhaite s'impliquer davantage, elle peut intégrer la gestion de l'environnement dans son système de management en mettant en place un "système de management de l'environnement" (SME). Une fois le système mis en place, l'entreprise pourra faire reconnaître son Sme par une certification, c'est à dire obtenir la reconnaissance de sa conformité avec la norme internationale ISO 14001.
Le Système de management environnemental, permet d’améliorer en continue la performance environnementale de l’entreprise. Le management environnemental peut être répercuté sur le site de l’exploitation du produit et sur le produit même. Ainsi, sur le produit le Sme prend en compte toutes les étapes du cycle de vie du produit, "du berceau à la tombe". Sur le site de production, l'entreprise peut ainsi prendre des mesures pour réduire son impact sur l'environnement en prévenant et limitant la production des déchets, triant ses déchets, utilisant des matériaux recyclables, réduisant sa consommation d'eau et d'énergie, réduisant ses émissions polluantes grâce, par exemple, à la mise en place de technologies propres.
Des actions favorables, surtout que l’intégration des préoccupations environnementales dans la gestion de l’entreprise  est un business particulièrement rentable pour les entreprises africaines. En effet, l’Onudi a récemment mené un projet intéressant dans trois pays d’Afrique du Nord (Maroc, Egypte et Tunisie). Grâce à un investissement de 20 millions de dollars (10 milliards de Fcfa) dans 43 industries afin de limiter leurs impacts environnementaux, le résultat est spectaculaire. Les entreprises réalisent chaque année une économie de 17 millions de dollars (340 millions de Fcfa), elles économisent 9,7 millions de mètres cubes d’eau et 263 GW d’énergie par an.
Néanmoins pour le respect de l’environnement,  le législateur peut faire pression sur les entreprises à travers, par exemple le principe « Pollueur-Payeur ». Il consiste à  imputer le traitement des dégâts environnementaux à l’entité qui est à l’origine de cette dégradation. Mais, « Sur le papier c’est très bien, encore faut-il que la loi soit adaptée », précise l’expert. En plus le gouvernement «  ne dispose pas souvent des moyens financiers, humains pour contrôler l’application de la loi dans toutes les entreprises », fait observer l’expert.  Les consommateurs ont également un rôle à jouer, et peuvent constituer un levier important pour faire pression sur l’entreprise afin qu’elle remplisse ces obligations écologiques. « Si le consommateur privilégie l’achat des produits plus respectueux de l’environnement, il va influer sur les industriels », conclut Thiery Téné.

Christelle Kouétcha