Des produits laitiers non certifiés en circulation au Cameroun

Les aliments lactés vendus sur le marché ne sont pas reconnus par l’Anor.

Agriculture: la tomate en conserve, chasse gardée de l’importation au Cameroun

Depuis la fermeture de la Société des conserveries alimentaires du Noun, le Cameroun est dépendant de l’importation. Pourtant le pays dispose d’un potentiel de production de tomate qui n’est pas exploité.

Collecte de déchets plastiques: entre désir de conformité et obstacles au processus

Plusieurs acteurs de la gestion des déchets au Cameroun ont encore du mal à s’acquitter du permis environnemental de plus de 10 millions de FCFA exigé par le gouvernement pour exercer cette activité.

Découverte: trois étudiants inventent la machine à éplucher les pommes

Ils envisagent mettre en place un modèle destiné aux ménages.

Hydrocarbures : Les vraies raisons de l’augmentation des prix au Cameroun

La production de la Sonara est devenue insuffisante pour satisfaire la demande nationale, et l’entreprise ne dispose plus d’une trésorerie solide.

7 août 2018

Urgence d’arrêter les projets d’installation de centrale thermique à gaz au Cameroun


Du fait du déficit d’énergie, le Cameroun encourage des investissements étrangers pour la mise en place des centrales thermiques au gaz. Pourtant,  ces centrales comportent néanmoins de nombreux dangers... 

Dans son rapport de publication des résultats du premier trimestre de l’année 2018, Gaz du Cameroun (GDC), filiale de la junior britannique Victoria Oil and Gas Plc (VOG)[1] annonçait qu’elle mène actuellement des discussions avec trois producteurs indépendants d’électricité pour les débouchés du gaz naturel produit sur le champ gazier de Logbaba. Altaaqa, DPDC et Grenor, qui sont les investisseurs indépendants d’électricité, comptent mettre en service des centrales thermiques à gaz à Douala pour une offre combinée de 440 MW.  Ces autres centrales thermiques au gaz porteront à plus de dix le nombre de centrale thermique à gaz qui se multiplient au Cameroun et sont présentées comme des solutions « idoines » pour résoudre le déficit énergétique du pays. Pourtant, ces centrales thermiques à gaz, sont une très mauvaise nouvelle pour le climat camerounais, et le gouvernement devait y surseoir.


©https://www.journalducameroun.com

En effet, en autorisant des investissements pour les projets d’installation de centrale thermique à gaz, le gouvernement contribuera à ce que ces énergies fossiles augmentent les émissions des gaz à effet de serre (GES) responsables du changement climatique. Cette forte augmentation des émissions des GES, viendrais alors faucher l’atteinte des objectifs de réduction de ses émissions de GES de 32% d’ici 2035, comme prévu dans le plan d’action climat du Cameroun soumis à CCNUCC. Dans un rapport rédigé pour le PNUD sur la situation de la production énergétique au Cameroun, en 2014, Dr Gabriel Tchatat[2], PhD. Environment Science and Environment Management PhD avait déjà relevé que depuis 1990 le niveau de dioxyde de souffre[3] (SO2) produits par les énergies électriques à base de fossile combustible comme le gaz étant en pleine croissance. A cette époque, l’on comptait a peine une dizaine de centrale thermique, aujourd’hui le nombre a presque doublé.

Bien plus, malgré les mesures (dénitrification, désulfuration) qui seront prises pour soit disant limiter les dégâts environnementaux des centrales thermiques à gaz, il est important de relever que ces centrales demeurent de véritable poudrière dans la capitale économique du Cameroun. Même si, jusqu’à ce jour aucune explosion n’a encore été enregistrée, il n’en demeure pas moins que la ville reste exposée à ces catastrophes, qui, le plus souvent coûtent chers à l’Etat en terme de perte en vie humaine, de pollution de l’air et de pertes matérielles.

En plus des risques d’émission de GES, d’autres risques pourront se greffer sur la prolifération de ces centrales. En effet, le déploiement de ces centrales pourrait également poser un problème d’approvisionnement en gaz. En effet, à la longue, il faudra augmenter les capacités de stockage de gaz pour subvenir aux besoins de ces centrales et dimensionner les canalisations de gaz dans tout le pays.  La part de la production de l'énergie thermique augmentera donc au détriment des énergies renouvelables. Le retard dans le développement de l’éolien, du solaire, de la biomasse et bien d’autres énergies propres ne cesse de se creuser. Pourtant le Cameron dispose d’un climat écologiquement favorable. Ainsi, en lieu et place de multiplier les projets de centrales thermique à gaz, le gouvernement camerounais devraient se retourner le plus urgemment possible vers les énergies renouvelables. Ces énergies propres, limiteront la pollution et permettront au pays de prévenir l’épuisement des énergies fossiles. Pour y arriver, le pays doit prendre les mesures idoines pour favoriser l’utilisation de ces énergies propres, un bonus écologique serait sans aucun doute un moyen pour attirer les investisseurs dans ce domaine. Ainsi, avec les énergies renouvelables, il y aurait de quoi produire de l’énergie sans en gaspiller inutilement et sans construire de nouvelles centrales polluantes et le paysage énergétique camerounais pourrait changer.

Christelle KOUETCHA




[1]https://energies-media.com/wp-content/uploads/2018/05/VOG_Gaz-du-Cameroun_Results-Q1_2018_FINAL.pdf
[2] Contribution à la préparation du rapport national pour la formulation du livre blanc régional sur l’accès universel aux services énergétiques intégrant le développement des énergies renouvelables et de l’efficacité energetique (https://www.seforall.org/sites/default/files/Cameroon_RAGA_FR_Released.pdf)
[3] Le dioxyde de soufre (SO2) est un gaz incolore, toxique avec une odeur pénétrante et fortement irritante pour les yeux et les voies respiratoires. Il entraîne une inflammation des bronches avec un spasme qui provoque une altération de la fonction respiratoire. Le SO2 participe à l'acidification de l'air, peut former un brouillard et des aérosols d'acide sulfurique (pluies acides). Les rejets de dioxyde de soufre (SO2) sont dus en grande majorité à l'utilisation de combustibles fossiles soufrés.

3 août 2018

Energies renouvelables: Une alternative incontournable pour améliorer le déficit d’énergie au Cameroun



Disposant d'une nature écologiquement favorable, le Cameroun pourrait couvrir ses besoins énergétiques en exploitant au maximum ses innombrables potentialités sur le plan des énergies renouvelables et réduire les dépenses colossales engagées dans la construction de nombreux barrages hydroélectriques. 

Au Cameroun, pays d’Afrique Centrale, le déficit énergétique est « criard ». Et, pour pallier ce  déficit, le gouvernement camerounais multiplie la mise en place des projets structurants. Lom Pangar, Memve'ele, Mekim, sont autant de barrages hydroélectriques, qui ont été ouverts. Ils ont été complétés par a centrale à gaz de Kribi. Deux accords de prêts pour la construction du  barrage de Lom Pangar dans la région de l’Est, avaient été signés entre la BAD, la BDEAC et l'Etat du Cameroun, le 18 janvier 2012. Ce barrage d'une capacité de 170 MW, devait être mis en service depuis 2014. Quant au barrage de Memve'le d'une capacité de 216 MW, la mise en service était prévue entre 2016 et 2017. La centrale à gaz de Kribi,  qui devait apporter une capacité additionnelle de 216 MW, devait être livrée courant premier trimestre 2013.

Toutefois, ces ouvrages ne peuvent combler le déficit énergétique de près de 50.000 mégawatt d’électricité relevé au Cameroun. En effet, malgré la réforme intervenue dans le secteur de l’électricité en 1998 et tous les efforts entrepris par les pouvoirs publics, le taux d’accès à l’électricité au Cameroun reste encore en deçà de la moyenne, soit 48%, avec des grandes disparités entre le milieu rural à 25% et 65% en milieu urbain, selon les statistiques relevés par l’ancien Ministre de l’Eau et de l’Energie,  le Dr Basile Atangana Kouna, en 2017.  

D’ailleurs, pour le patronat camerounais (Groupement inter-patronal du Cameroun, le déficit énergétique est en tête des facteurs qui limitent le développement optimal des entreprises au Cameroun. Selon le GICAM (Groupement interpatronal du Cameroun) : « La demande en énergie électrique des entreprises croit de 8% chaque année alors que l’offre progresse d’à peine 2% ». Toujours d’après le patronat : « Depuis 2003, les difficultés d’approvisionnement en électricité ont occasionné aux entreprises membres des pertes estimées à plus de 60 milliards de FCFA, soit plus d’un point du taux de croissance annuel du pays ».

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La nature pour lutter contre les délestages

Bien plus, du fait de ce déficit les populations camerounaises broient du noir avec des délestages intempestifs. Pourtant l’offre en énergie pourrait connaitre un léger mieux, si le pays recourrait aux énergies renouvelables, (ceci au risque de ne pas être au rendez-vous de la sécurité énergétique).  Mais, ces énergies (solaire, éolienne, géothermie, biomasse) sont « peu valorisées », malgré le potentiel dont dispose le pays. Selon le rapport annuel de 2010 du système d’information énergétique du Cameroun (SIE-Cameroun), l’exploitation de l’énergie éolienne au Cameroun par exemple, reste marginale. Pourtant,  le Cameroun dispose d'un potentiel abondant et disponible surtout dans sa partie septentrionale. L'insolation moyenne dans la partie nord du pays est de 5,8 kWh/m2 /jour et dans la partie sud l’irradiation solaire serait de 4 kWh/m2/jour, selon une évaluation de l’Agence de régulation du secteur de l’électricité (Arsel). Pour elle, on observe une insolation moyenne de 4,9 kWh/m2/j.

En plus de son potentiel solaire, le Cameroun jouit d’un patrimoine riche de bois de chauffage. En effet,  d’après les statistiques de l’inspection générale du Minee, le Cameroun dispose de 17,4 millions d’hectares de forêt dense, 1,4 million d’hectare de forêt claire et 06 millions d’hectares de savane boisée. D’après le Ministère des Forêts et de la Faune, plus de 2 millions de tonnes de bois et 375 000 tonnes de charbon de bois sont utilisées chaque année au Cameroun. Les forêts sont surexploitées et se dégradent de plus en plus, surtout  autour des grandes agglomérations comme Maroua, Douala, Yaoundé, etc. Ce qui entraîne une augmentation des températures, des inondations et une perturbation du calendrier des activités agricoles. Pourtant, avec ce potentiel de bois, et avec les  grandes scieries qui génèrent la sciure potentiellement sources d'énergies renouvelables, le Cameroun tient sa solution pour le déficit d’énergie. En outre, en recourant aux énergies fossiles pour faire fonctionner les barrages comme c’est le cas actuellement, le Cameroun ouvre  la voie à l’intensification de l’émission des gaz à effet de serre responsable du changement climatique. Ainsi, développer les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique permettrait de produire et consommer de l’énergie de manière plus raisonnée et plus « propre » - sans émettre de pollution et sans dégrader l’environnement.




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Bénéfique financier

Le potentiel en ressources naturelles énergétiques dont dispose le Cameroun est donc riche et varié, par conséquent, il serait primordial d’encourager les investissements dans ce secteur. Ceci développera la concurrence et les coûts de l’électricité pourraient-être revue à la baisse. Surtout que le marché est assez important. Selon les chiffres de l’Agence d’électrification rurale (Aer), plus de 30.000 villages à travers le pays sont sans électricité. L’Arsel précise que le taux de couverture d’électricité dans les zones rurales au Cameroun est de moins de 5%.  Selon l’Arsel, l’électrification rurale nécessite un investissement de 633 milliards de Fcfa sur les 5.853 milliards de Fcfa d’investissement estimé pour l’électrification au Cameroun. Le régulateur soutient que le secteur privé serait « la solution pour booster ce secteur ».

Le recours aux énergies renouvelables sera également bénéfique sur le plan financier. En effet, en misant sur l’hydroélectricité, les barrages, le Cameroun dépense énormément en infrastructures lourdes qui nécessitent beaucoup de paperasse notamment en terme d’études d’impact environnemental et par ricochet cause des déguerpissements abusifs et sans indemnisation des populations. Pourtant, une rationalisation des différents potentiels de production de l’électricité qu’offre la nature permettrait sans aucun doute de relever le niveau de l’offre en énergie. Avec les centrales photovoltaïques, le Cameroun disposera des relais performants énergétiques et mettrais fin aux coupures d’électricité. Ainsi, au lieu de financer des centaines de milliards de FCFA pour une centrale hydroélectrique, le Cameroun pourrait  utiliser ce financement pour créer une multitude de centre de production d’énergies renouvelables, comme les centrales solaires qui coûtent entre 10 et 15 milliards de FCFA. 

Les énergies renouvelables coûtent  donc moins chers que les générateurs au diesel ou les raccordements à un réseau instable. Mais les subventions faussent les prix et empêchent l’investissement dans les énergies renouvelables. Il faut que ces subventions soient progressivement redirigées vers les projets énergies renouvelables qui bénéficient aux plus pauvres. En outre, les énergies fossiles se raréfient et coûtent de plus en plus chers aux gouvernements qui voient leur balance commerciale de plus en plus déficitaire. Sachant que la consommation sera au moins multipliée par 10 d’ici 2030 en Afrique, la facture énergétique nationale deviendra vite insolvable. Il faut donc anticiper en investissant dès maintenant dans les énergies de demain.

L’exemple marocain peut servir

Pour réussir son envol dans les énergies renouvelables, le Cameroun peut apprendre des autres pays notamment du  Maroc. En effet depuis plusieurs années, le Maroc pour avoir son indépendance énergétique (le pays dépend à 97 % de l’étranger pour son approvisionnement en énergie ndlr) et satisfaire la demande croissante (de 6 à 8 % d’augmentation annuelle des besoins en électricité depuis 1998 ndlr), a pris une décision stratégique en se tournant vers les énergies renouvelables. En 2002, 42 % de la production totale d’électricité a été assurée par les énergies renouvelables (en proportions égales entre le solaire, l’éolien et l’hydraulique).

Selon des observateurs, d’ici 2020 la consommation en énergie primaire du Maroc va doubler et celle de l’électricité tripler par rapport au niveau actuel. Pour atteindre cet objectif, le Maroc a mis en place un bouquet électrique optimisé autour de choix technologiques fiables et compétitifs comprenant le développement à grande échelle des importantes ressources nationales en énergies renouvelables, notamment le solaire, l’éolien et l’hydraulique.

Plusieurs projets dans ce secteur ont déjà été engagés.  Selon le plan Solaire du Maroc,  la construction de 2 GW de capacité de production en électricité solaire est prévue entre 2015 et 2019. Un ambitieux projet de production électrique d'origine solaire d'une capacité de 2.000 mégawatts, sera réalisé d’ici 2020. Le projet sera construit sur cinq ( 5) sites. Le Maroc a également lancé la réalisation d'un parc éolien à Tanger, d'une capacité de 140 MW, et d'un autre à Tarfaya, le programme de l'énergie propre et la station thermo-solaire d'Ain Béni Mathar. Avec ces projets, le Maroc a mis en valeur  son potentiel éolien avec des zones où la vitesse moyenne dépasse les 11 m/s et en énergie solaire avec 3000 heures d’ensoleillement par an et une irradiation moyenne de plus de 5,3 Kwh/m2/jour.

Le Maroc pour atteindre ses objectifs, a mis en place un cadre législatif « favorable ». Ainsi, le pays a par exemple ouvert la concurrence de la production d’origine d’électricité renouvelable. Les producteurs d’énergie renouvelable peuvent avoir accès au réseau d’électricité national. L’exportation de l’électricité renouvelable peut être faite à l’aide du réseau nationale et des interconnexions.

Christelle KOUETCHA

4 févr. 2018

Neuf (9) personnes meurent ensevelies dans un trou minier ouvert et abandonné par la société chinoise LU ET LANG à l'Est du Cameroun

Neuf (9) personnes trouvent la mort dans le trou d’un site minier ouvert et non réhabilité de lasociété chinoise d’exploitation minière LU et Lang basée au village Ngoe Ngoe, dans la région de l’Est. L'incident a eu lieu ce samedi 30 décembre 2017, à 2 heures du matin.
Ils ont été surpris par un éboulement de terre alors qu’ils s’attelaient à faire le « Ngueré[1] » dans un des trous béants d’environ 200 mètre crée par l’exploitant minier Lu et Lang.
Les victimes s’étaient agglutinées dans ce trou abandonné pour faire du « Nguéré », qui, est une pratique qui consiste pour les riverains à descendre dans les trous laissés béants par les exploitants miniers pour récolter les restes de gravier pour en extraire de l'or. Quatre des corps retrouvé ont été enterré au village Ngoe Ngoe du fait de leur obedience musulmanes, deux autres ont été conduits sur meiganga à la morgue et trois autres corps ont été confiés aux familles qui vivent au village Ngoe Ngoe.

C'est dans le site de cette même entreprise chinoise (Lu et Lang) que des corps de quatre artisans miniers du village Ngoengoe, avaient été trouvés ensevelis (cf pièce jointe journal repères).
Avec ces autres 9 personnes décédées, le compteur du nombre personnes décédées dans les trous miniers et dénombrées par FODER, monte à 43 personnes en l’espace de 10 mois.
Cet autre accident, démontre à suffisance que la réhabilitation des trous miniers est plus qu’urgent. Depuis trois ans, l’association Forêts et Développement Rural (FODER), aux côtés d’autres partenaires de la société civile, fait campagne en faveur de la restauration des sites miniers ouverts par les exploitants dans les régions de l’Est et de l’Adamaoua. Depuis lors, rien n’est encore fait.
Pour cet accident qui à coûté la vie aux 9 camerounais ; « Au moins des poursuites pour homicide involontaire devraient être ouverte contre cette entreprise. Au delà de l'administration locale qui doit assurer l'ordre public, le Ministère public doit se saisir de ce cas ». Laurence Wete Soh, juriste au sein de FODER
Durant la période de 2012 à 2014, au moins 250 chantiers miniers ont été ouverts et non réhabilité par les 65 entreprises de la mine semi-mécanisée dans la région de l’Est du Cameroun.
Le délégué régional des mines est descendu dimanche, 31 décembre 2017 sur le site du drame. Le responsable de l’entreprise chinoise et son interprète étaient absents. A en croire les habitants de Ngoe Ngoe, les chinois ont profité de la nuit du drame pour évacuer une partie de leur matériel. « Nous avons aperçu dans la nuit un camion qui chargé des bagages », a confié un leader de la communauté. Le délégué régional avant de partir à réitérer que l’entreprise devra prendre toute les mesures pour entièrement réhabilité le site. Il faut préciser que sur ce chantier minier, en plus des trous ouverts et abandonnés, la société chinoise Lu et Lang a bloqué la circulation d’un cours d’eau avec la boue provenant du lavage d’eau. Le fleuve « bâton » ne circule plus et plusieurs animaux ont déjà trouvé la mort dans ce cours d’eau envahi par la boue. L’on parle même d’enfants mort dans ce fleuve désormais obstrué par la boue d’or déversée par la société Lu et Lang.
Il faut relever que ce drame arrive deux jours après une rencontre tripartite organisée entre le sous préfet de Ngoura, la société Lu et Lang et les communautés, mais qui ne s’est pas tenue car l'entreprise n'a pas honoré le RDV, sous prétexte de ne pas comprendre le français. Pourtant, ces entreprises disposent toujours des interprètes. En plus, de déclarer ne pas comprendre le français, ces derniers (accompagnés de militaire qui leur servent de garde de corps) ont d’abord fais savoir que leur patron était en déplacement en chine.
Mais, une descente du sous-préfet en compagnie des forces de l’ordre dans le chantier des chinois a permis de trouver sur place le patron que les employés chinois disaient être en chine. Ramené sur la place de la réunion, le patron a proposé au sous-préfet de renvoyer la réunion a une date ultérieure. Une demande acceptée, malgré le courroux du maire de Ngoura, du chef de canton de Ngoe Ngoe et toute la population unanime pour un arrêt des travaux par la société chinoise. La réunion avait été convoquée à la suite du charnier découvert dans le site de cette société chinoise.
Plus de détails sur les dangers de l'exploitation minière illégale en un clic sur cette video
Liste des personnes décédées
SAMBA 32ANS ,
AMADICO 27ANS ,
HAWA KAÏGAMA 2OANS ,
SALAMATOU 18ANS ,
ATTA GAMBO 41ANS ,
MBELLE FRIDOLIN 22ANS ,
HASSAN ,
SAÏDOU
CHEOU 23ANS


2 sept. 2017

Les entreprises minières doivent agir maintenant pour réhabiliter les chantiers miniers ouverts

Le 29 mai 2017Romain Doua, 26 ans trouve la mort dans le trou d’un site minier ouvert et non réhabilité d’une société camerounaise d’exploitation minière basé à Bétaré Oya. Le jeune père de famille, est surpris par un éboulement de terre alors qu’il s’attelait à faire le « Ngueré[1] » dans un des trous béants crées par l’exploitant minier. Alors que les deux femmes et les six enfants de Romain Doua, enterrent leurs mari et pères, une semaine après, la petite Fleur âgée de 8 ans élève au CE1 est engouffrée dans un autre site minier ouvert à Colomine (Ngoura).
Romain, Fleur… ils sont nombreux à avoir perdu la vie dans les trous béants laissés par les sociétés minières et bien connues de l’administration en charge de l’exploitation minière. Dans les régions de l’Est et de l’Adamaoua, les entreprises minières impliquées dans l’artisanat mécanisé et l’exploitation minière industrielle abandonnent les chantiers miniers ouverts, allant à l’encontre des clauses environnementales contenues dans leur cahier de charges conformément au code minier. D’après le cahier des charges annexé aux autorisations artisanales d’exploitation : « réhabiliter un site c’est remettre les sols et zones perturbés en conditions stables de sécurité, de fertilité et d’aspect visuel acceptable ».

Creusez il y a de l’Or, mais refermez derrière vous
En plus des décès enregistrés, les riverains de ces chantiers miniers ouverts et abandonnés sont exposés à plusieurs problèmes environnementaux, parmi lesquels la pollution de l’eau, la destruction des rivières, des champs agricoles… Qui refermera ces trous béants ? La question a encore été posée à Bertoua au cours d’un atelier d’échanges sur la Politique nationale pour la promotion d’un secteur minier artisanal et à petite échelle durable au Cameroun, tenu du 10 au 12 mai 2017, organisé par l’association Forêts et Développement Rural (FODER) et l’organisation World Wide Fund for Nature (WWF). Le code minier est clair là dessus : «la fermeture de ces trous est de la responsabilité de l’entreprise minière». Mais, les entreprises se défendent auprès des autorités locales notamment les maires qu’elles versent de l’argent dans les fonds séquestres de réhabilitation de l’environnent.

Pourtant, les fonds versés dans ce compte de réhabilitation ne servent que de garantie pour que cela soit fait. L’administration en charge de l’Environnement et celle des mines indiquent que le compte de réhabilitation est inexistant. La question qui se pose est celle de savoir pourquoi n’y a-t-il aucune transparence à ce niveau afin de dégager les responsabilités ? Dans ce secteur personne ne veut reconnaitre sa responsabilité. Et cela est pareil dans la mine industrielle. Conformément aux textes miniers d'avant 2016, notamment le décret de 2002, en ses articles 130 et suivants : « le montant de la réhabilitation est compris entre 0,3 et 1% du chiffre d'affaires brut ». Cependant, avec cinq (5) permis d'exploitation qu'il y a eu au Cameroun, l’on n’a jamais eu connaissance d’un quelconque versement. Ceci, même si certaines entreprises se targuent auprès des autorités locales d’avoir versés leurs fonds. Du moins, si ces entreprises de manière délibérée déclaraient ce qu'elles paient à l'Etat, l'on saurait à qui demander des comptes. La transparence étant en effet une des caractéristiques des entreprises, institutions et organisations responsables.


Des actions urgentes à prendre
Deux ans déjà à ce jour que l’association Forêts et Développement Rural (FODER), aux côtés d’autres partenaires de la société civile, fait campagne en faveur de la restauration des sites miniers ouverts par les exploitants dans les régions de l’Est et de l’Adamaoua. Aujourd’hui, quelques entreprises ont fermé les trous à Kombo Laka (Meiganga), Beke (Ketté), SODEPA (Bétaré Oya). Malheureusement la fermeture ne se fait pas selon les règles de l'art. Mais, c'est déjà un pas ! Il ne fait donc aucun doute que toutes ces entreprises minières doivent y mettre du leur pour s’assurer que les trous laissés par leur exploitation soient réhabilités. Les communautés elles-mêmes, bien qu’étant encore des acteurs passifs de l’exploitation minière, doivent davantage s’organiser pour défendre leurs droits… Le passage à l’action est plus qu’urgent car le temps de retour à la normale va être long, si nous gardons le silence. Les actions urgentes selon l’association FODER pour que les sites soient réhabilitées sont :
- Que l'administration retire les autorisations d’exploitations artisanales aux entreprises qui n'ont pas réhabilitées les sites,
Que les entreprises déclarent ce qu’elles ont versé à l’Etat pour la réhabilitation des sites
-  Que les entreprises respectent le cahier des charges qu'elles ont signé avec l'Etat du Cameroun notamment la réhabilitation des sites après exploitation
Sinon Dans cinq, dix, vingt ans il ne restera rien que la terre et des lacs empoisonnés, là où se trouvaient notre vraie richesse, notre patrimoine naturel. Que ferons-nous alors ? Il est grand temps d’agir ! #STOP ILLEGAL MINING.

[1] Le Nguéré est une pratique qui consiste pour les riverains à descendre dans les trous laissés béants par les exploitants miniers pour récolter les restes de gravier pour en extraire de l'or

Plus d’un milliard de FCFA de la redevance forestière échappent aux caisses des communes forestières


La conjugaison délétère de la diversité des pôles de paiement de la redevance forestière annuelle (RFA), de la tolérance du retard de paiement et du paiement partiel de cette redevance par les entreprises et la pratique des faux titres de paiement de la RFA, contribue a détourner la RFA du budget des communes forestières au Cameroun comme le révèle l’association Forêts et Développement Rural (FODER) aujourd’hui. Son étude intitulée « La Redevance Forestière annuelle décentralisée au Cameroun : Analyse des mécanismes de collecte, rétrocession, gestion et de contrôle » démontre en effet que plus d’un milliards de FCFA de la redevance forestière échappent aux caisses des communes forestières sur cinq ans.



Le gap relevé dans l’étude, concerne la redevance forestière annuelles des l’année 2009 à 2014. Ces pertes observées dans les caisses des communes forestières cibles de l’étude, sont liées aux problèmes structurels et conjoncturels de cette redevance. « La tolérance du retard de paiement par les entreprises se traduit au niveau des Communes qui ne reçoivent pas en temps convenu la part de RFA qui leur est destinée, et sont accusées par les communautés locales de refuser de restituer leur part », relève Laurence Wete Soh, juriste et une des auteurs de l’étude.
Dans les communes, les maires et receveurs municipaux dans leur effort de bonnes pratiques pour l’amélioration de la gestion de la RFA, font l’effort de recoupage des informations, en se rapprochant des services centraux du Trésor pour avoir les informations désagrégées portées sur leurs historiques. Mais, cet effort, ne prospère toujours pas puisque la grande majorité n’a jamais pu accéder à cette désagrégation qui leur aurait permis de préciser la nature des fonds reçus, et la part de la RFA y contenue.
Si l’on prend en compte toutes les communes forestières au Cameroun, le déficit observé dans les caisses des communes en termes d’argent collecté pour la RFA serait sans aucun doute plus élevé que le milliard de FCFA. Ceci étant renforcé par la pratique des faux titres de paiement de la RFA. Cette pratique s’observe au niveau des banques qui délivrent parfois des avis de virement sans que le virement nait été effectivement opéré. Il en va de même de certains TPG de régions qui délivreraient à certaines entreprises des quittances manuelles attestant du paiement de la RFA alors que le paiement n’a jamais été fait. La conséquence est que les entreprises disposent d’éléments justifiant le paiement et les communes restent soupçonnées d’avoir reçu lesdits paiements sans les avoir affectés aux projets des communautés convenus.

Les conclusions de cette étude interviennent à un moment où le plaidoyer pour la restauration totale et complète des 10% de RFA des communautés est lancé. Ce plaidoyer a été amorcé depuis 2015 par les chefs traditionnels et les leaders communautaires avec l’appui de l’association Forêts et Développement Rural. Dans le cadre de ce plaidoyer l’association FODER estime que des réaménagements dans le model actuel de gestion de la RFA s’imposent comme une nécessité si l’on souhaite véritablement que cette redevance produise les effets escomptés sur le développement local aussi bien au niveau des communes, que des communautés à la base. Ainsi, concernant la collecte et la rétrocession il est plus qu’urgent de :
1- Réinsérer dans la loi des finances la part de RFA des communautés, au seuil minimum de 10% jusqu’alors pratiqué ;
2- Procéder à un audit du recouvrement de la RFA et au calcul, au recouvrement et à la répartition des montants de RFA dus et non ou partiellement payés par les entreprises forestières ;
3- S’inspirer du mécanisme de publication par les entreprises minières des montants des impôts payés dans le cadre de leurs activités, pour améliorer la transparence de la répartition et de la gestion de la RFA décentralisée;
4- Définir       et préciser de       façon contraignante, la trajectoire de la RFA décentralisée du concessionnaire aux communes (périodicité des recouvrements, de la répartition, de l’utilisation et du       contrôle de la       RFA) pour une bonne traçabilité financière de la RFA ;
5- Désagréger et préciser la nature des recettes dans les historiques de comptes délivrés aux communes par le Trésor Public. Le cas du FEICOM peut servir d’exemple.
Pour ce qui concerne le suivi et le contrôle de la gestion, il faut affecter 50% du montant de l’appui au recouvrement de la RFA, au suivi régulier de la gestion de la RFA décentralisée.

23 mars 2016

Jean Pierre Imele : « Il faut accorder à l’agriculture biologique toute la place qu’elle mérite au Cameroun »


Expert et consultant national Fao, il présente l’importance de l’agriculture biologique pour l’économie camerounaise.