Des produits laitiers non certifiés en circulation au Cameroun

Les aliments lactés vendus sur le marché ne sont pas reconnus par l’Anor.

Agriculture: la tomate en conserve, chasse gardée de l’importation au Cameroun

Depuis la fermeture de la Société des conserveries alimentaires du Noun, le Cameroun est dépendant de l’importation. Pourtant le pays dispose d’un potentiel de production de tomate qui n’est pas exploité.

Collecte de déchets plastiques: entre désir de conformité et obstacles au processus

Plusieurs acteurs de la gestion des déchets au Cameroun ont encore du mal à s’acquitter du permis environnemental de plus de 10 millions de FCFA exigé par le gouvernement pour exercer cette activité.

Découverte: trois étudiants inventent la machine à éplucher les pommes

Ils envisagent mettre en place un modèle destiné aux ménages.

Hydrocarbures : Les vraies raisons de l’augmentation des prix au Cameroun

La production de la Sonara est devenue insuffisante pour satisfaire la demande nationale, et l’entreprise ne dispose plus d’une trésorerie solide.

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7 oct. 2014

Récépissé d’entreposage : L’Afrique de l’Ouest et de l’Est, des cas d’école


Plusieurs pays de ces sous-régions ont déjà expérimenté ce système pour booster leur secteur agricole.
Les agriculteurs de l'Afrique l'est profite du SRE

Le système de récépissé d’entreposage (SRE) n’est pas nouveau et plusieurs pays en Afrique de l’ouest et de l’est se sont déjà engagés dans sa mise en œuvre. A la fin du mois de septembre dernier, le Sénégal a lancé la phase pilote de ce système, a-t-on appris dans le quotidien national, « Le soleil ». Cette phase pilote va être expérimentée sur le riz de la vallée du fleuve Sénégal. Le pays de  la Teranga, emboîte ainsi le pas à l’Ouganda, au Kenya, à la Tanzanie, à l’Ethiopie, au Malawi, à Madagascar, l’Afrique du Sud… Dans un rapport du Natural Resources Institute, l’on apprend qu’en Ouganda, la Nyakatonzi Cooperative Union a offert des services de stockage et d’égrenage aux sociétés coopératives membres, leur permettant ainsi d’utiliser le système de récépissés d’entreposage. Et, avec ce système les producteurs participants ont enregistré une augmentation progressive de plus de 40% de leurs revenus en vendant du coton brut et des semences de coton plutôt que du coton grain, apprend-on.
Dans d’autres pays comme la Tanzanie, le SRE a permis à plusieurs coopératives d’augmenter leurs productions. Ceci, grâce à des financements des banques obtenus via des garanties présentées par le biais du récépissé d’entreposage. L’une des coopératives qui a su tirer son épingle du jeu est l’Oridoyi Rural Cooperative Society de  la République unie de Tanzanie. L’on apprend sur le site du Centre de commerce international (CCI), que cette coopérative grâce au SRE a pu bénéficier du financement d’une banque locale, la CRDB Bank Ltd. Cette banque a octroyé un crédit d’environ 10 millions de dollars (5 milliards de FCFA)  par an sur la base de café affecté en garantie. Un financement qui a permis aux membres de cette coopération de multiplier leur production de coton graine par en moyenne 10 sur une période de quatre ans. Le SRE a été instauré dans ce pays depuis 2007.
Dans les pays de l’Afrique de l’Est notamment le Kenya, le gouvernement dans la cadre de la loi réglementaire du SRE, a permis de développer des entrepôts agrées. Et, pour être certifié l’on apprend auprès d’une source au ministère en charge de l’Agriculture de ce pays, que l’entrepôt doit avoir une capacité d’entreposage de 20 000 tonnes. Et, l’entrepôt doit être équipé d’instruments de pesage et de vérification de la qualité des produits. Au Malawi, ces entrepôts sont dirigés par des structures gouvernementales ou un opérateur privé.
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Christelle Kouétcha 

Récépissé d’entreposage: un système de financement que le Cameroun peut intégrer


Pour y arriver néanmoins, des textes légaux doivent être élaborés et des entreposeurs professionnels doivent être formés.
Le récépissé d'entreposage peut aider à financer les riziculteurs

Le problème de financement du secteur agricole reste présent au Cameroun. Ceci, dans la mesure où l’Etat du Cameroun ne consacre qu’encore que 3% de son budget à ce secteur. Bien plus, les banques ont encore du mal à faire confiance aux agriculteurs.  Pour elles, l’agriculture demeure un secteur  où « les garanties  des agriculteurs ne sont pas fiables ». Mais, pour les spécialistes du financement agricole, les institutions bancaires peuvent limiter ses risques en recourant au système de récépissé d’entreposage (SRE).
Chargé d’Affaires chaines de valeurs agricoles à la Banque Nationale de Développement Economique (BNDE) au Sénégal, Ibrahima Diakhoumpa, explique que ce système de financement permet aux agriculteurs d’hypothéquer leur récolte pour avoir accès au crédit. Il s’exprimait au cours de la conférence sur le financement des chaînes de valeur agricoles, organisée par le Centre Technique de coopération Agricole et rurale ACP-UE (CTA) en juillet 2014. D’après le spécialiste, le récépissé d’entreposage  est un financement innovant qui consiste à une banque à octroyer du crédit à un agriculteur  contre un récépissé qui garantit la disponibilité d’une quantité et qualité précise de denrées non périssables stockées, comme le riz. Le récépissé est délivré par un entreposeur. Mais, « ce dernier doit-être bien outillé et disposer d’un entrepôt de qualité pour que les produits mis en garantie ne soient pas détruits », précise un expert de la question.
La marchandise déposée  dans l’entrepôt sert donc de garantie pour le prêt. Et, dans les pays où cela est déjà appliqué, ce système ne permet que d’octroyer des prêts à court terme qui représente près de 60% de la valeur de la récolte. En cas d’incendie ou de vol, « L’exploitant de l’entrepôt qui détient les stocks, garantit la livraison contre le récépissé, et devrait compenser toute perte de valeur », précise un rapport du Natural Resources Institute. 
L’un des inconvénients de ce système selon les spécialistes, est sans doute la difficile accessibilité aux petits agriculteurs. Mais, pour Joseph Nyamba, agriculteur, il est primordial que ceux de petites plantations s’associent pour  pouvoir supporter le coût de l’entrepôt et de l’assurance qui est souvent prohibitif. Surtout que comme l’explique les experts, ce système permet aussi à l’agriculteur de mieux stocker sa récolte et éviter les pertes pos-récoltes. N’empêche, le cadre légal de ce système doit être défini avant tout mise en œuvre.
Christelle Kouétcha