Des produits laitiers non certifiés en circulation au Cameroun

Les aliments lactés vendus sur le marché ne sont pas reconnus par l’Anor.

Agriculture: la tomate en conserve, chasse gardée de l’importation au Cameroun

Depuis la fermeture de la Société des conserveries alimentaires du Noun, le Cameroun est dépendant de l’importation. Pourtant le pays dispose d’un potentiel de production de tomate qui n’est pas exploité.

Collecte de déchets plastiques: entre désir de conformité et obstacles au processus

Plusieurs acteurs de la gestion des déchets au Cameroun ont encore du mal à s’acquitter du permis environnemental de plus de 10 millions de FCFA exigé par le gouvernement pour exercer cette activité.

Découverte: trois étudiants inventent la machine à éplucher les pommes

Ils envisagent mettre en place un modèle destiné aux ménages.

Hydrocarbures : Les vraies raisons de l’augmentation des prix au Cameroun

La production de la Sonara est devenue insuffisante pour satisfaire la demande nationale, et l’entreprise ne dispose plus d’une trésorerie solide.

28 avr. 2015

Micro-assurance : Les assureurs vont faire face à la méfiance des assurés




La réglementation et l’absence des statistiques peuvent également constituer un handicap dans le développement de la micro-assurance en zone CIMA.

L’un des obstacles au développement de la micro-assurance dans la zone CIMA (Conférence interafricaine des marchés d’assurances), est sans doute la méfiance de la population envers les assureurs. Ceux-ci, reprochent  très souvent aux compagnies d’assurances de ne pas régler ou de régler avec des délais assez longs les sinistres. D’ailleurs selon les statistiques révélées par la CIMA, le délai de paiement des sinistres est pratiquement de deux ans dans la zone. Ainsi, pour atteindre la cible potentielle et faire avancer de façon significative la mise en place de la micro-assurance en zone CIMA, « les assureurs ont l’obligation de maintenant redorer leur blason. Car, la micro-assurance exige de nous une plus grande écoute des populations cibles qui n’ont pas assez de revenus », souligne Esther Tiako, Vice-présidente  de la Fédération des sociétés d'assurances de droit national africaines (Fanaf).
 
Formation impérative 
 
Pour les experts en micro-assurance, pour pallier la méconnaissance généralisée des populations sur la micro-assurance un plan global de sensibilisation, de formation et d’information de tous les acteurs de l’industrie devrait « impérativement » être mis en place. Ceci, « va permettre de corriger les lacunes et établir les bases solides de l’expansion du secteur de la micro-assurance », soutient jean Luc Fontaine, consultant au cabinet Développement international Desjardins (DID). Et, en plus de la méfiance des assurés, les assureurs, vont également faire face aux difficultés d’accès aux clients cibles. Il va donc falloir pour ces derniers de revoir leurs canaux de distribution. Ceci, en tenant compte des cultures et des comportements des clients potentiels.
Les assureurs pourraient dans le cadre du déploiement pour l’instauration de la micro-assurance, se heurter à la lenteur de la législation. Par conséquent, « il va falloir trouver le juste milieu avec la CIMA pour que l’on ne soit pas confronter à un dilemme entre la volonté d’aider  les couches défavorisées et le temps d’obtenir les agréments. Surtout quand on sait que dans nos pays l’obtention de ces agréments prend  trop de temps », souligne le directeur général d’une compagnie d’assurance. Bien plus, les compagnies d’assurances déjà existantes, estiment qu’avec la clause de la CIMA qui les contraints de solliciter une extension d’agrément pour pratiquer la micro-assurance, le développement de modèle d’assurance pourrait être freiné. 

Agrément 
 
En effet, ces derniers estiment que le paiement d’un autre agrément, serait encore un peux excessif comme charge. « On ne peut pas pousser les opérateurs économiques à l’action et compliquer la réglementation. Quand vous regardez le niveau d’investissement que l’on demande à une compagnie d’assurances de mettre pour être agrée. Sincèrement, en combien de temps une compagnie peut avoir le retour sur investissements. Surtout que la micro-assurance est une nouvelle aventure, et cela constitue une prise de risque », souligne Raphaël Fute, président de l’Association des sociétés d’assurance du Cameroun (ASAC). 

Ainsi, pour les directeurs des compagnies d’assurances, il est sans doute plus profitable qu’une compagnie disposant déjà d’un capital social, de développer simplement un département de micro-assurance avec des comptes séparés. Ces propositions ont été relevées par la CIMA pour les études d’améliorations.  La faible quantité de données statistiques sur le marché, et même sur les secteurs où sont nichés les clients potentiels, va constituer un véritable frein dans le déploiement de la micro-assurance. A en croire les assureurs, sans ces données il va leur être difficile d’élaborer les primes justes. On pourra assister à un tâtonnement sur les tarifications.

Christelle Kouétcha

Fragman Alain Ouattara : « Les assureurs doivent comprendre que l’assurance c’est pour les sinistrés »




Le commissaire contrôleur en chef des assurances à la Conférence interafricaine des marchés d’assurance analyse le processus de mise en place de la micro-assurance dans la zone CIMA.


Quel est niveau d’implantation de la micro-assurance dans la zone CIMA (Conférence interafricaine des marchés d’assurances) ? 

Il n’y a pas mal d’entité qui ont fait et qui continue de faire de la micro-assurance de façon relativement informelle dans la zone CIMA. Les produits de micro-assurance les plus développé actuellement, sont liés à la couverture de prêts dans le cadre des structures de micro-finance. Les produits de  la micro-assurance les plus vendus pour l’instant ce sont des produits des prêts. Ils permettent de couvrir le remboursement des prêts de l’emprunteur avant l’échéancier du prêt. Ces produits sont quasiment pratiqués dans les pays de la zone CIMA, où l’on retrouve les structures de micro-finance. Il y a également des programmes de développement de micro-assurance agricole, pour les paysans, les agriculteurs. Il y a des sociétés d’assurance agricole qui ont été mise en place au Sénégal, au Bénin. Dans ces pays, y compris le Burkina Faso et le Mali, il y a une réflexion qui a abouti à la mise en place de police d’assurances indicielles pour couvrir les risques.

Des responsables des compagnies d’assurances, estiment que demander un capital social de 500  millions de FCFA pour obtenir un agrément pour la micro-assurance, et n’avoir qu’une solvabilité de 150%, est une manière de les pousser à faire de la philanthropie ? 

Créer une compagnie de micro-assurance c’est du capitalisme et non de la philanthropie C’est certainement une mauvaise compréhension des assureurs. L’idée avec la micro-assurance ce n’est pas d’avoir un gros bénéfice sur la tête d’une seule personne et tout de suite. C’est une assurance de masse, qui consiste à gagner petit à petit sur une masse de personne. Il s’agit d’un effet volume. Il est question de baisser les prix, en augmentant le volume pour avoir finalement les mêmes résultats pour les assurances classiques. Ce modèle de  la micro-assurance n’est pas incompatible avec le capitalisme. Le modèle est déjà appliqué dans les autres pays, et peut être bien copié dans la zone CIMA. La micro-assurance exige un autre modèle d’approche. Les compagnies de micro-assurance doivent prendre du temps de gagner petit à petit pour rentabiliser les dépenses.

L’un des reproches que l’on fait aux compagnies d’assurances dans la zone CIMA est qu’ils ne règlent pas à temps les sinistres, aujourd’hui avec la micro-assurance qu’est ce que la CIMA prévoit  de faire pour sécuriser les micro-assurés ? 

Il y a quelques mauvais acteurs sur le marché de l’assurance, qui ne permettent pas aux assureurs d’avoir une bonne réputation au sein du public. Cette mauvaise réputation, ne milite pas pour que d’autres personnes souscrivent à des contrats d’assurance. Ainsi, lorsque les assureurs auront résolu ce problème d’image de marque de leur profession, cela fera avancer de façon significative la mise en place de la micro-assurance en zone CIMA. Toutefois, la CIMA  fait son travail de contrôle et va continuer dans le cadre de la micro-assurance. Mais, il faut reconnaître qu’en termes de moyens humains, financiers et techniques, la CIMA est relativement limitée. 
"Nous avons plus de 160 compagnies d’assurances sur le marché et une douzaine de commissaires contrôleurs. Une situation qui est relativement disproportionnée.  D’ailleurs, une réflexion stratégique est faite depuis peu au sein du secrétariat général  de la CIMA pour la doter en personnel et  outiller l’effectif afin qu’il soit en phase avec la charge de travail à faire. N’empêche, il faut que les assureurs comprennent que l’assurance c’est pour les sinistrés. C’est pourquoi, avant d’octroyer des agréments nous allons nous assurer que l’assureur prouve qu’il doit respecter ses engagements envers les sinistrés. D’ailleurs dans le cadre de la réglementation de la micro-assurance en zone CIMA, le régulateur a par exemple fixer le délai de règlement des indemnités dues aux assurés à 10 jours".

Les assurés estiment également que les compagnies d’assurances offrent des produits similaires, aujourd’hui avec la micro-assurance que devraient-elles faire pour vraiment se positionner et corriger cette image ?

Effectivement, l’un des problèmes dans le secteur de l’assurance en zone CIMA est effectivement l’innovation. Tant qu’il n’aura pas d’innovation pour proposer au public des produits correspondant réellement à leur besoin, on va  avoir du mal à développer la micro-assurance. Il appartient aux assureurs d’avoir de la créativité. Ils doivent pouvoir faire des études de marché pour détecter réellement les besoins. Et, avoir des techniciens, capables de modéliser les risques et proposer des produits qui correspondent aux besoins des assurés cibles.

La CIMA a élaboré une réglementation pour la micro-assurance en zone CIMA, mais les professionnels de ce secteur y relèvent encore des réserves…
 
Quand on a adopté la réglementation, la CIMA était consciente du fait que cette réglementation est un premier pas et  qu’il y a des axes d’amélioration. Il y a des études en cours, qui vont nous permettre d’améliorer de façon significative la réglementation en cours. Mais, le cadre réglementaire permet déjà de commencer à travailler si on a la bonne volonté. Une réglementation n’est jamais définitive.
 
Propos recueillis par Christelle Kouétcha 

Micro-assurance: Les Etats ont un rôle à jouer pour le développement de ce nouveau type d’assurance en Afrique




Les assureurs doivent également s’appuyer sur les communautés pour faire des bénéfices.

Les acteurs du secteur de l’assurance dans la zone CIMA (Confédération international des marchés d’assurance), sont unanimes sur le fait que l’impulsion des Etats est une condition essentielle pour le développement de la micro-assurance dans la zone. Surtout, qu’en Afrique seul 1% de la population a accès aux produits de  la micro-assurance. Secrétaire générale(SG) de la CIMA, Jean-Claude Ngbwa, souligne que l’accompagnement de l’Etat peut se faire à travers la promotion des sociétés de micro-assurance. « Il s’agit pour l’Etat d’apporter un appui aux populations concernées par les contrats de micro-assurance », précise le SG. CEO de la société Inet consulting, Gaspard Kepseu, estime qu’une exonération fiscale sur les produits de la  micro-assurance, pourrait stimuler les assureurs vers cette nouvelle branche d’assurance. L’on a appris qu’à la CIMA qu’un cadre de concertation avec les administrations fiscales des différents pays de la zone a été mis en place pour trouver les aménagements.

La subvention ou le financement des primes des micro-assurances, constitue également pour les experts un pan nécessaire pour la mise en place de la micro-assurance. Le SG de la CIMA, souligne par exemple, que dans certains Etats de la zone CIMA, les primes de micro-assurance sont subventionnées parfois au-delà de 50%. Et, « cela permet aux compagnies qui pratiquent la micro-assurance de mieux se déployer », indique Esther Tiako, Vice-présidente la Fédération des sociétés d'assurances de droit national africaines (Fanaf).

Attractivité 
 
Au sein de l’Association des sociétés d’assurance du Cameroun (ASAC), les experts soutiennent que la micro-assurance ne pourra être attractive que si des efforts importants et des démarches innovatrices sont faits. Il s’agit notamment de, la réduction des coûts administratifs pour les assurés et les assureurs, la sensibilisation des populations à faibles revenus pour les aider à comprendre la valeur de l'assurance, le renforcement des capacités des assureurs à développer et vendre des produits adaptés.
Directeur des assurances à la direction générale des affaires économiques du ministère des Finances du Bénin, Urbain Philippe Adjanon, souligne qu’il est primordiale que dans les Etats de la zone CIMA, un plan global de sensibilisation, de formation et d’information de tous les acteurs de l’industrie soit mis en place « impérativement » afin d’établir des bases solides pour l’expansion du secteur de la micro-assurance. Cette sensibilisation permettra aussi de corriger la méconnaissance généralisée de la population quant au mode de fonctionnement de l’assurance.

Agir sur les masses 

Cependant, avec ces appuis financiers et techniques de l’Etat, les compagnies d’assurances ne pourront trouver leurs bénéfices dans la micro-assurance qu’en agissant principalement sur les masses. Il s’agit notamment des communautés, des regroupements de personnes de même métier, des associations… Car, comme l’explique Fragman Alain Ouattara, commissaire contrôleur en chef des assurances à la CIMA, en micro-assurance il faut réfléchir en termes d’effet de volumes. En d’autres mots, il faut qu’il y ait une population couverte relativement importante. « Plus le volume d’assurés est important, plus la compagnie peut faire des bénéfices », précise l’expert. Ce dernier, comme plusieurs autres assureurs dans la zone CIMA, estiment aussi que les Etats devraient capitaliser le développement de la micro-assurance en s’appuyant sur le mobile-assurance. Mais, une fois de plus, les Etats devraient mettre en place la réglementation adéquate. Et, les compagnies de  la micro-assurance pourraient créer des partenariats publics-privés pour booster leurs produits…

Christelle Kouétcha  

4 mars 2015

Consommation: 300 000 débits de boisson ouverts au Cameroun


Le syndicat des exploitants de débits de boisson indique que le nombre pourrait être plus croissant sans la pression fiscale subie par les acteurs du secteur.

Les débits de boissons ne cessent de foisonner et le nombre recensé au Cameroun est plutôt révélateur. Actuellement, l’on dénombre au total 300 000 débits de boissons ouverts sur toute l’étendue du Cameroun, apprend-on auprès du Syndicat des exploitants des débits de boisson (Synedeboc). Et parmi ces établissements, la région du Littoral a elle seule enregistre jusqu’à 40 000. Dans la ville de Yaoundé, c’est près de 10 000 bars qui sont recensés.

Toutefois, l’on constate que le nombre de ces débits de boisson est de loin supérieur aux 94 000 entreprises recensées au Cameroun, selon les dernières statistiques de l’Institut nationale de la statistique (INS). Soit trois fois plus supérieurs au nombre d’entreprises ouvertes au Cameroun. 

crédit photo @journalducameroun.com


Fiscalité

Par ailleurs, l’on apprend que le nombre des débits de boissons aurait pu dépasser les 300 000 déjà recensés, au cas où l’on n’enregistrait pas au quotidien des fermetures. Car, explique le président régional du Synedeboc, Hervé Nana, plusieurs propriétaires de bars sont aujourd’hui obligés de vendre leur fonds de commerce. Ceux-ci, étant confrontés à une forte pression fiscale. «Depuis août 2014, nos membres sont contraints par les agents de payer 100 000 FCFA en terme de taxe sur l’environnement. Ce montant est exorbitant pour la très grande majorité de nos débits de boisson qui n’ont même pas plus de 20 000 FCFA de fonds de roulement », souligne Hervé Nana. 


 620  millions de litres de bière
  
A en croire ce dernier, plusieurs exploitants de débits de boisson sous l’effet de la pression fiscale ont même décidé de jouer à « cache-cache » avec l’administration fiscale. Ainsi, apprend-on, une bonne partie des propriétaires des débits de boisson ouvrent leur structure à partir du mois d’octobre et novembre, parce qu’ils attendent les périodes de croissance qui sont le mois de décembre et les trois premier mois du début d’année. Et, dès que le 08 mars passe, tous les bars commencent à refermer à cause des pressions fiscales qui se font ressentir, apprend-on.
 Mais, il faut relever que certains de ces débits de boisson sont situés près des hôpitaux, écoles. Ceci, en marge de la réglementation. A Douala, la campagne de lutte contre ces débits, est aux oubliettes, pour le grand bonheur des populations dont la consommation d’alcool ne cesse de croitre. En 2013, les 300 000 débits de boissons ont contribué à la consommation de 620  millions de litres de bière au Cameroun, selon les statistiques des sociétés brassicoles.

Jean Beaudry Manguele : « Il faut expliquer concrètement à quoi va servir l’argent de la dette »




L’expert financier analyse les stratégies d’endettement engagée par le Cameroun et donne les pistes pour utiliser l’argent de la dette à bon escient.


Depuis quelques semaines, des décrets du président de la République autorisant des endettements se multiplient. L’un des plus récents est celui autorisant le gouvernement à emprunter 750 milliards de FCFA sur les marchés internationaux en vue du financement partiel du plan triennal de la Sonara et des projets de développement. Selon vous, cet endettement est-il susceptible de transformer notre économie et de créer des emplois ?

Si les endettements réalisés par le Cameroun sont utilisés à bon escient, ils sont susceptibles de créer de la croissance et de permettre que l’on rembourse normalement. Mais, si ces endettements sont entachés de détournements comme cela a été le cas pour plusieurs crédits, le pays s’expose à des situations irréversibles. C’est pourquoi je crains que l’endettement devienne excessif et que l’on revienne aux années avant l’ajustement structurel. Donc, le Cameroun à des possibilités de faire des investissements, cela serait une bonne chose car cela créera des emplois. Donc, si l’argent est utilisé à bon escient, il y a aura la création de l’emploi.

Dans la loi de finances 2015, l’on observe une certaine pression fiscale, notamment avec l’augmentation de certaines taxes. Cette pression fiscale peut-elle être une solution pour rembourser ces dettes ?

Un Etat ne peut rembourser ces dettes que par le biais de ces recettes fiscales. En réalité quand on fait la pression fiscale, c’est juste pour satisfaire les besoins intérieurs et par la suite, le service de la dette. Cette pression semble être forte, car une bonne partie de l’économie est dans l’informel. Par conséquent, le peu qui est dans le formel ne peut que subir la pression fiscale. Mais, si on avait fait l’effort de sortir les entreprises de l’informel, cette pression serait moindre. Bref, le remboursement de la dette ne va être fait que par les contribuables. Ils sont sujets et en même temps victimes. En réalité, quand le Cameroun s’endette, il endette les générations futures. Celles-ci devront se sevrer d’un certain nombre d’investissements pour payer toutes les dettes contractées à l’époque qui les a précédées.

            
"le Cameroun s’endette, il endette les générations futures. Celles-ci devront se sevrer d’un certain nombre d’investissements pour payer toutes les dettes contractées à l’époque qui les a précédées"

Au regard de la nouvelle ordonnance d’endettement instruite par le gouvernement, le Cameroun se trouve en train de fusionner le plan d’urgence au budget, n’assistons- nous pas à une cacophonie ?

Je constate d’abord que le plan d’urgence, vient biaiser le document de stratégie pour la croissance et l’emploi (DSCE). En réalité, on ne sait plus  ce qui est prioritaire. Quand il y a un plan d’urgence, cela veut dire que le Cameroun est dans une situation d’urgence.  C’est  donc à se demander, si quand on élaborait le DSCE on n’était pas dans l’urgence. Il y a vraiment un embrouillamini dans toutes ces stratégies d’endettement et économiques prises par le gouvernement. On ne comprend pas par où va passer cet argent qui sera levé. Il faut que le gouvernement explique aux Camerounais ce qu’il va concrètement réaliser, les projets qui seront réalisés. En plus, pour le plan triennal de 900 milliards, les banques ont seulement donné leur mot. Ce financement promis, n’est pas encore acquis. Il ne suffit pas d’un décret présidentiel pour que les gens soient convaincus de la faisabilité de la chose pour débloquer de l’argent. Encore que cela ne reste que des suppositions.

"Il y a vraiment un embrouillamini dans toutes ces stratégies d’endettement et économiques prises par le gouvernement. On ne comprend pas par où va passer cet argent qui sera levé. Il faut que le gouvernement explique aux Camerounais ce qu’il va concrètement réaliser, les projets qui seront réalisés" 

Le Cameroun lance depuis 2010 des emprunts obligataires, au regard du niveau de chômage, pensez-vous que ces endettements ont amélioré l’emploi au Cameroun ?

Il existe nettement un flou. Car, en réalité on lève de l’argent, mais au niveau de l’emploi cela ne se manifeste pas. On se demande si finalement c’est du blanchiment d’argent ? Puisque, au stade où nous en sommes, il n’y a aucun indice qui prouve que ces emprunts obligataires ont permis de créer des emplois. On est arrivé à un stade au Cameroun, où on crée de l’endettement à tout va. Si on s’endette pour des projets viables, et dont l’intérêt se manifeste dans la société, cela peut créer des emplois et susciter la croissance. Et par ricochet, nous permettre de rembourser nos dettes.

Propos recueillis Christelle Kouétcha
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