Des produits laitiers non certifiés en circulation au Cameroun

Les aliments lactés vendus sur le marché ne sont pas reconnus par l’Anor.

Agriculture: la tomate en conserve, chasse gardée de l’importation au Cameroun

Depuis la fermeture de la Société des conserveries alimentaires du Noun, le Cameroun est dépendant de l’importation. Pourtant le pays dispose d’un potentiel de production de tomate qui n’est pas exploité.

Collecte de déchets plastiques: entre désir de conformité et obstacles au processus

Plusieurs acteurs de la gestion des déchets au Cameroun ont encore du mal à s’acquitter du permis environnemental de plus de 10 millions de FCFA exigé par le gouvernement pour exercer cette activité.

Découverte: trois étudiants inventent la machine à éplucher les pommes

Ils envisagent mettre en place un modèle destiné aux ménages.

Hydrocarbures : Les vraies raisons de l’augmentation des prix au Cameroun

La production de la Sonara est devenue insuffisante pour satisfaire la demande nationale, et l’entreprise ne dispose plus d’une trésorerie solide.

8 oct. 2014

RSE: Le dilemme de la conciliation croissance et environnement

La prise en compte des préoccupations environnementales sont plutôt bénéfiques pour les entreprises.
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Concilier la croissance de l’entreprise et les préoccupations environnementales, n’est pas la chose la mieux partagée dans plusieurs entreprises au Cameroun. En effet, la responsabilité environnementale qui exige de l’entreprise de respecter la réglementation environnementale en vigueur, n’est « malheureusement », pas encore « ancrée dans les mœurs des entreprises au Cameroun », fait observer Thierry Tené, Co-fondateur de l'Institut Afrique RSE. Aujourd’hui, au Cameroun les démarches semblent être « lentes », on observe encore dans les métropoles des sites industriels orchestrant des grandes pollutions. En avril dernier le Ministère Camerounais de l’Environnement de la Protection de la Nature et du Développement Durable avait publié une liste de 139 installations qui étaient en infraction par rapport à certaines dispositions de la loi N°96/12 du 5 août 1996 portant sur la loi-cadre relative à la gestion de l’environnement. Une bonne chose sur le principe. Mais « quand on regarde les montants des dites sanctions, qui sont insignifiantes par rapport aux dégâts écologiques, on se dit qu’il y a un gros problème avec la loi environnementale au Cameroun », fait observer Thiery Téné. Ainsi, polluer revient moins cher que de respecter l’environnement en faisant des investissements plus élevés.
La responsabilité environnementale de l’entreprise, sollicite donc la mise en place d’une une stratégie environnementale ambitieuse, qui permettrons de réduire les impacts des activités de l’entreprise sur l’environnement. Selon les experts, l'intégration de l'environnement au sein de l'entreprise peut se faire de façon progressive Dans un premier temps, l'entreprise peut mettre en place de bonnes pratiques pour réduire son impact sur l'environnement. Si l'entreprise souhaite s'impliquer davantage, elle peut intégrer la gestion de l'environnement dans son système de management en mettant en place un "système de management de l'environnement" (SME). Une fois le système mis en place, l'entreprise pourra faire reconnaître son Sme par une certification, c'est à dire obtenir la reconnaissance de sa conformité avec la norme internationale ISO 14001.
Le Système de management environnemental, permet d’améliorer en continue la performance environnementale de l’entreprise. Le management environnemental peut être répercuté sur le site de l’exploitation du produit et sur le produit même. Ainsi, sur le produit le Sme prend en compte toutes les étapes du cycle de vie du produit, "du berceau à la tombe". Sur le site de production, l'entreprise peut ainsi prendre des mesures pour réduire son impact sur l'environnement en prévenant et limitant la production des déchets, triant ses déchets, utilisant des matériaux recyclables, réduisant sa consommation d'eau et d'énergie, réduisant ses émissions polluantes grâce, par exemple, à la mise en place de technologies propres.
Des actions favorables, surtout que l’intégration des préoccupations environnementales dans la gestion de l’entreprise  est un business particulièrement rentable pour les entreprises africaines. En effet, l’Onudi a récemment mené un projet intéressant dans trois pays d’Afrique du Nord (Maroc, Egypte et Tunisie). Grâce à un investissement de 20 millions de dollars (10 milliards de Fcfa) dans 43 industries afin de limiter leurs impacts environnementaux, le résultat est spectaculaire. Les entreprises réalisent chaque année une économie de 17 millions de dollars (340 millions de Fcfa), elles économisent 9,7 millions de mètres cubes d’eau et 263 GW d’énergie par an.
Néanmoins pour le respect de l’environnement,  le législateur peut faire pression sur les entreprises à travers, par exemple le principe « Pollueur-Payeur ». Il consiste à  imputer le traitement des dégâts environnementaux à l’entité qui est à l’origine de cette dégradation. Mais, « Sur le papier c’est très bien, encore faut-il que la loi soit adaptée », précise l’expert. En plus le gouvernement «  ne dispose pas souvent des moyens financiers, humains pour contrôler l’application de la loi dans toutes les entreprises », fait observer l’expert.  Les consommateurs ont également un rôle à jouer, et peuvent constituer un levier important pour faire pression sur l’entreprise afin qu’elle remplisse ces obligations écologiques. « Si le consommateur privilégie l’achat des produits plus respectueux de l’environnement, il va influer sur les industriels », conclut Thiery Téné.

Christelle Kouétcha

Infrastructures: Pas d’échangeur à Ndokoti à Douala avant 2025

Ce projet n’est pas encore au programme dans le processus d’urbanisation de la ville de  Douala au cameroun. Les experts proposent également la construction d’une rocade
Carrefour Ndokoti
Le dernier accident de la circulation survenu au carrefour Ndokoti à Douala au Cameroun, a remis au goût du jour le problème de la circulation à ce point névralgique où l’on compte pas moins de quatre croisements de routes sur une distance d’à peine 300 mètres. Pourtant, il ne faut pas s’attendre à y assister bientôt à la construction d’un échangeur. Délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Douala (CUD), Fritz Ntonè Ntonè, est clair là dessus. « La construction d’un échangeur n’est pas encore à l’ordre du jour », a-t-il indiqué dans un entretien téléphonique. D’ailleurs, même dans  le plan directeur d’urbanisme de Douala à l’horizon 2025, ce projet d’échangeur n’est pas inscrit.
Pourtant, d’’après certains professionnels en bâtiment et travaux publics, la construction d’un échangeur  pourrait être une solution pour désengorger le carrefour Nodokoti. «Un échangeur va permettre d’éviter tout croisement au niveau du carrefour. Et, par ricochet  limiter le ralentissement des voies concernées », explique Joël Bassong, ingénieur en Génie civile. Bien plus, avec cet échangeur, les experts estiment que les accidents mortels comme ceux vécus la semaine dernière peuvent être évités. Cet accident, avait fait huit morts et plusieurs blessés.
Cependant, le coût de réalisation de cet ouvrage est « assez onéreux et peut demander plus de temps pour avoir et même rechercher le financement  qui va avec », souligne Kameni Djouteu, ingénieur en génie civile. Par conséquent, pour ce dernier la solution « rapide » et « simple » est la construction d’une rocade.  Cette voie de circulation rapide urbaine va permettre de contourner et de longer les agglomérations. « Avec une rocade, les personnes en destinations des quartiers Ndongbong, ou Ange Raphaël par exemple, ne vont plus être obligées de se rencontrer au même point avec celles qui viennent de la cité des palmiers ou des Kilomètres 8 à 14. Les rocades permettent généralement une circulation sur deux ou trois voies », précise l’expert. 
La rocade, est conçue pour les automobiles et les véhicules de transport de marchandises, mais selon le cas peuvent être ouvertes aux deux roues. Mais, pour l’heure, Fritz Ntonè Ntonè annonce les destructions des commerces qui encombrent les trottoirs des routes qui conduisent à ce grand carrefour.

Christelle Kouétcha

7 oct. 2014

Récépissé d’entreposage : L’Afrique de l’Ouest et de l’Est, des cas d’école


Plusieurs pays de ces sous-régions ont déjà expérimenté ce système pour booster leur secteur agricole.
Les agriculteurs de l'Afrique l'est profite du SRE

Le système de récépissé d’entreposage (SRE) n’est pas nouveau et plusieurs pays en Afrique de l’ouest et de l’est se sont déjà engagés dans sa mise en œuvre. A la fin du mois de septembre dernier, le Sénégal a lancé la phase pilote de ce système, a-t-on appris dans le quotidien national, « Le soleil ». Cette phase pilote va être expérimentée sur le riz de la vallée du fleuve Sénégal. Le pays de  la Teranga, emboîte ainsi le pas à l’Ouganda, au Kenya, à la Tanzanie, à l’Ethiopie, au Malawi, à Madagascar, l’Afrique du Sud… Dans un rapport du Natural Resources Institute, l’on apprend qu’en Ouganda, la Nyakatonzi Cooperative Union a offert des services de stockage et d’égrenage aux sociétés coopératives membres, leur permettant ainsi d’utiliser le système de récépissés d’entreposage. Et, avec ce système les producteurs participants ont enregistré une augmentation progressive de plus de 40% de leurs revenus en vendant du coton brut et des semences de coton plutôt que du coton grain, apprend-on.
Dans d’autres pays comme la Tanzanie, le SRE a permis à plusieurs coopératives d’augmenter leurs productions. Ceci, grâce à des financements des banques obtenus via des garanties présentées par le biais du récépissé d’entreposage. L’une des coopératives qui a su tirer son épingle du jeu est l’Oridoyi Rural Cooperative Society de  la République unie de Tanzanie. L’on apprend sur le site du Centre de commerce international (CCI), que cette coopérative grâce au SRE a pu bénéficier du financement d’une banque locale, la CRDB Bank Ltd. Cette banque a octroyé un crédit d’environ 10 millions de dollars (5 milliards de FCFA)  par an sur la base de café affecté en garantie. Un financement qui a permis aux membres de cette coopération de multiplier leur production de coton graine par en moyenne 10 sur une période de quatre ans. Le SRE a été instauré dans ce pays depuis 2007.
Dans les pays de l’Afrique de l’Est notamment le Kenya, le gouvernement dans la cadre de la loi réglementaire du SRE, a permis de développer des entrepôts agrées. Et, pour être certifié l’on apprend auprès d’une source au ministère en charge de l’Agriculture de ce pays, que l’entrepôt doit avoir une capacité d’entreposage de 20 000 tonnes. Et, l’entrepôt doit être équipé d’instruments de pesage et de vérification de la qualité des produits. Au Malawi, ces entrepôts sont dirigés par des structures gouvernementales ou un opérateur privé.
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Christelle Kouétcha 

Récépissé d’entreposage: un système de financement que le Cameroun peut intégrer


Pour y arriver néanmoins, des textes légaux doivent être élaborés et des entreposeurs professionnels doivent être formés.
Le récépissé d'entreposage peut aider à financer les riziculteurs

Le problème de financement du secteur agricole reste présent au Cameroun. Ceci, dans la mesure où l’Etat du Cameroun ne consacre qu’encore que 3% de son budget à ce secteur. Bien plus, les banques ont encore du mal à faire confiance aux agriculteurs.  Pour elles, l’agriculture demeure un secteur  où « les garanties  des agriculteurs ne sont pas fiables ». Mais, pour les spécialistes du financement agricole, les institutions bancaires peuvent limiter ses risques en recourant au système de récépissé d’entreposage (SRE).
Chargé d’Affaires chaines de valeurs agricoles à la Banque Nationale de Développement Economique (BNDE) au Sénégal, Ibrahima Diakhoumpa, explique que ce système de financement permet aux agriculteurs d’hypothéquer leur récolte pour avoir accès au crédit. Il s’exprimait au cours de la conférence sur le financement des chaînes de valeur agricoles, organisée par le Centre Technique de coopération Agricole et rurale ACP-UE (CTA) en juillet 2014. D’après le spécialiste, le récépissé d’entreposage  est un financement innovant qui consiste à une banque à octroyer du crédit à un agriculteur  contre un récépissé qui garantit la disponibilité d’une quantité et qualité précise de denrées non périssables stockées, comme le riz. Le récépissé est délivré par un entreposeur. Mais, « ce dernier doit-être bien outillé et disposer d’un entrepôt de qualité pour que les produits mis en garantie ne soient pas détruits », précise un expert de la question.
La marchandise déposée  dans l’entrepôt sert donc de garantie pour le prêt. Et, dans les pays où cela est déjà appliqué, ce système ne permet que d’octroyer des prêts à court terme qui représente près de 60% de la valeur de la récolte. En cas d’incendie ou de vol, « L’exploitant de l’entrepôt qui détient les stocks, garantit la livraison contre le récépissé, et devrait compenser toute perte de valeur », précise un rapport du Natural Resources Institute. 
L’un des inconvénients de ce système selon les spécialistes, est sans doute la difficile accessibilité aux petits agriculteurs. Mais, pour Joseph Nyamba, agriculteur, il est primordial que ceux de petites plantations s’associent pour  pouvoir supporter le coût de l’entrepôt et de l’assurance qui est souvent prohibitif. Surtout que comme l’explique les experts, ce système permet aussi à l’agriculteur de mieux stocker sa récolte et éviter les pertes pos-récoltes. N’empêche, le cadre légal de ce système doit être défini avant tout mise en œuvre.
Christelle Kouétcha

2 sept. 2014

Finance: Des solutions pour réduire les coûts de transferts des migrants

L’étude menée par la BAD propose des axes aux institutions bancaires
Le transfert d'argent coûte encore chers
Selon l’étude réalisée par l’ONG Epargne sans frontière, sur la réduction des coûts des transferts d’argent des migrants, «  les coûts des envois des résidents ne peuvent être réduites que si il y a une diversification des offres et services », précise Saïd Bourjij, directeur de l’ONG. Ainsi, l’un des produits préconisés est le mobile banking, c’est-à-dire le système de paiement assuré par la téléphonie mobile. Comme avantage de ce produit comme l’expliquent les experts de l’étude, il y a qu’elle permet un transfert plus rapide dans la mesure où le migrant n’aurait plus à se rendre aux guichets d’une banque.
Toutefois, précise Naceur Bourenane, expert chez Epargne sans frontière, il est primordial qu’un système d’identification du client soit mis en place. D’ailleurs pour gérer les risques d’instabilité monétaire que peut poser le transfert par mobile, L’on a appris que la banque centrale accorde depuis quelques années des agréments aux banques pour mettre en place ce produit en partenariat avec les opérateurs de téléphonie mobile. Comme autre piste pour réduire les coûts de transferts, les experts proposent la bibancarisation classique qui permet aux envoyeurs d’argent d’entreprendre toutes sortes d’opérations bancaires et financières dans leur pays d’origine, à partir de leur lieu de résidence.
Les banques des pays du nord, devenant comme le simple relais. Une position qui n’est pas souvent acceptée par ces dernières, car « elles trouvent difficile de sécuriser les flux sur une longue période pour des projets qui ne seront pas réaliser dans leur pays », fait observer un cadre d’une banque. Il est donc question que les deux partenaires trouvent un terrain d’entente gagnant-gagnant. La bibancarisation solidaire serait également une piste pour réduire les coûts des transferts. Elle permet une mobilisation structurée de l’épargne dans les pays de résidence en vue de son injection dans les pays d’origine. Mais comme le précise Saïd Bourjij, il faut une volonté commune et une démarche concertée entre les opérateurs et décideurs des deux corridors. Au Maroc par exemple, où la bi-bancarisation est bien ancrée, plus de 60% du total des dépôts des marocains de la diaspora sont des dépôts à vue.
Avec la bibancarisation solidaire, les institutions bancaires peuvent recourir à un livret d’épargne solidaire. Comme l’explique Naceur Bourenane, il s’agit d’un compte d’épargne rémunéré à des conditions avantageuses. En effet, une fois que le dépôt dans la compte a atteint un certain niveau, il peut servir au résident pour contribuer au financement des programmes de développement dans les domaines prioritaires comme l’éducation, la santé, l’habitat … « il est suggéré d’ouvrir la souscription de ce livret d’épargne au binationaux ; car il s’agit d’une mobilisation des ressources servant à appuyer en premier lieu l’effort collectif des migrants au développement de leurs pays d’origine », précise l’expert. Le recours aux autres produits financiers comme les obligations d’Etat, les valeurs mobilières, sont également à envisager.
Christelle Kouétcha
  

Transferts d’argent: Comment les « majors » exploitent la diaspora

Les grandes structures en charge du transfert d’argent bénéficient d’une clause d’exclusivité, avec pour conséquence la cherté des coûts d’envois. C’est ce qui ressort d’un atelier organisé la semaine dernière à Douala.
Le constat est fait. Les transferts d’argent des Camerounais de la diaspora vers le Cameroun coûtent cher. Représentant-résident de la Banque africaine de développement (BAD) au Cameroun, Racine Kane, relève par exemple que les commissions prélevées par les intermédiaires financiers, sont aujourd’hui estimées entre 10% et 15% du montant envoyé. Ce coût est lié entre autres à la manipulation des espèces et des rentes de situation, précise Racine Kane. L’on assiste donc de plus en plus au recours à des réseaux parallèles informels et peu sûrs.
Directeur général adjoint de l’Agence française de développement (AFD) au Cameroun, Martin Parent, confie que près de la moitié des transferts des migrants camerounais est faite dans l’informel et le poids des commerçants y est plus grand. Par conséquent le manque à gagner pour les migrants et partant pour le développement est important. Il faut donc baisser les coûts, pensent les experts. Car, ces transferts représentent des sommes considérables. Selon une estimation de la banque mondiale, les transferts des migrants représentaient une somme de 406 milliards de dollars (203 000 milliards de FCFA) pour l’ensemble des pays en développement en 2012.
Une étude réalisée par l’ONG Epargne sans frontière (ESF), a donc été menée sur la réduction des coûts de transferts des migrants, pour optimiser leur impact sur le développement. Les travaux de cette étude ont été cofinancés par l’AFD et la BAD. Selon l’étude, la baisse des coûts des transferts ne peut être obtenue que par la seule levée de la clause d’exclusivité (contrat de distribution octroyant l’exclusivité des produits de transfert d’argent rapide). Directeur de cette ONG, Saïd Boujij, explique que les majors dans les sociétés de transferts d’argent (STA) tels que Western Union et Money Gram imposent en particulier à la plupart des agents et sous-agents cette règle, de même qu’une clef de répartition des commissions de transfert.
Toutefois, il faut relever que pour l’heure la question de la levée de la clause d’exclusivité n’est pas envisagée par la BEAC. Pourtant, « elle est de première importance tant pour les agents chargés de paiement, que pour les envoyeurs et les bénéficiaires des transferts, car la levée crée une scène de concurrence », précise Narceur Bourenane, expert à ESF. Ce dernier révèle d’ailleurs que la suspension de cette clause se trouve conditionnée par la diversification des services et des produits financiers et technologiques d’appel, susceptibles de mieux répondre aux attentes des migrants et des bénéficiaires. Les pays comme le Sénégal et le Maroc, à travers leurs ministères des Finances et leurs banques centrales, ont levé ces clauses d’exclusivité, sur le fondement des droits communs visant les entraves à la concurrence. A en croire le représentant-résident de la BAD, cette levée a ouvert la concurrence et baissé les coûts d’envoi dans ces pays.
Dans une étude de la BAD en 2008, intitulé « Migrations, un enjeu de développement », L'on a appris qu’en 2008, les envois d’argent ont contribué à plus de 75% à financer les besoins de populations vivant à la limite du seuil de pauvreté. Malheureusement, dans les banques camerounaises, apprend-on, les services offerts aux immigrants sont encore couteux et pas très avantageux. En effet, au Cameroun les comptes de résidents offerts par les banques ne permettent pas aux résidents de contracter des prêts au Nord pour des opérations au pays. Ceci limite donc les opérations d’épargne et d’investissement des résidents à l’étranger. Des responsables de banques confient que le plus souvent, les filiales européennes sont très réticentes quand il s’agit de sécuriser les flux des migrants sur une longue période. Les banques occidentales ne veulent donc pas jouer le rôle de collecteur. En plus, le coût du Swift (opérations de transfert interbancaire sécurisé mis en place par la Society for worldwide Interbank financial télécommunications Ndlr) reste souvent supérieur à celui du transfert rapide offert par les sociétés de transfert d’argent.

Réglementation

Les capitaux à 85% destinés à la consommation échappent également au contrôle des institutions bancaires. Des envois qui, selon les experts de l’étude, peuvent contribuer au développement des pays s’ils étaient maîtrisés. Ceci a appelé à la promotion d’autres modes de transferts qui incluent la bibancarisation et le mobile banking. Surtout que les envois d’argent vont grandissants dans la zone Cemac. Selon les statistiques relevées dans le rapport soutenu par la BAD, les envois d’argent au Cameroun sont passés de 30 millions de dollars (soit 15 000 milliards de FCFA) en 2000 à 121 millions de dollars  (60 500 milliards de FCFA) 2011.
Si l’objectif de la baisse des coûts de transferts à 5% à l’horizon 2014 (recommandations du G8 Ndlr) est atteint, « les envois vont considérablement augmenter et les projets de développement seront étendus par la diaspora si les institutions bancaires offrent des produits favorables », précise Racine Kane, Représentant résident de la BAD. Il précise par exemple qu’au Maroc où des mesures ont été prises pour réduire les coûts des transferts, les envois du résident représentent 20% du total des dépôts des banques.
La réduction des coûts de transferts des migrants implique également une intervention des autorités compétentes aux deux bouts de la chaîne des transferts. Directeur général du Trésor, Moh Tangongho, confie que le gouvernement pourrait, sans doute dans les jours à venir, créer des établissements spécialisés pour canaliser les envois de la diaspora. Bien avant, L'on a appris que le Conseil national du crédit (CNC) dispose déjà d’un bureau à Paris en France, pour sécuriser les épargnes des résidents. Mais, « l’engouement n’y est pas encore faute de services innovants », observe Benedict Belibi, Secrétaire général de l’Association des professionnels des établissements de crédits du Cameroun (Apeccam).

Christelle Kouétcha